Histoire des transports en commun à Bordeaux

 

Ici est retracée l'histoire des transports en commun de la ville de Bordeaux. Certaines périodes seront assez succintement évoquées, préférant me concentrer sur la grande époque du réseau autobus qui va de la fin des années 1950 au début des années 2000.

1/ Le temps des fiacres et des omnibus à chevaux.

C'est en 1827 que Bordeaux voit apparaître dans ses rues le premier véritable moyen de transport en commun organisé : une ligne d'omnibus reliant la Place d'Armes (Place de la République) au Monteil en passant par Pessac. Deux aller-retours étaient effectués chaque jour (7h et 15h de Bordeaux / 9h et 18h de Monteuil) et le tarif était de 75 centimes.
Avant cette année, ont étés mis en service différents services de carrosses de places, fiacres, calèches, coupés et citadines. Mais ces prestations s'apparentaient plus à celles que nous connaissons avec les taxis (points de stationnement fixes, paiement de la course à l'heure, paiement de la course retour à vide...).

Quatre années plus tard, l'entreprise des "Maîtres Cochers" obtient l'autorisation d'ouvrir une ligne desservant les quais de la capitale Girondine, véritable siège de la vie économique et où il existait un réel besoin . Elle reliera la Place Richelieu (Place Jean Jaurès) au Passage de Lormont (Rue Achard).
Le succés remporté par ces nouveaux services qui se révèlent rentables créent l'émulation : en 1838, pas moins de 23 (vingt-trois) demandes de création sont déposées auprés du maire qui donnera ou pas son approbation. Seul 6 (six) projets de lignes seront retenues. En 1840, on dénombre ainsi 8 (huit) nouvelles lignes qui desservent la rive-gauche de la cité. Et en 1858, ce ne sont pas moins d'une vingtaine de lignes qui arpentent les rues de la ville et de sa banlieue, elles sont assurées par 11 (onze) entreprises différentes (entre autres : "Les Maîtres Cochers", "Les nouvelles Bordelaises", "Les nouvelles Riveraines", "Les Laborieuses", "Les CarbonB
lannaises", etc...).

Le 19 janvier 1859, la municipalité accorde une concession de 20 (vingt) ans à la "Compagnie Générale des Omnibus" nouvellement formée par la fusion des exploitants existants. La société devra répondre à un cahier des charges indiquant les conditions d'exploitation (itinéraires, tarifs, horaire) et devra s'acquitter d'une redevance annuelle de 25000 Francs.
C'est aussi à partir de cette année que la différence sera faite entre le réseau urbain et le réseau suburbain (au delà des barrières).

Nomenclature des lignes urbaines.
Plan 1857 du réseau urbain des Omnibus.
A - Place Richelieu (Pl. de la Bourse)
<> Passage de Lormont (Rue Achard)
B - Place de Bourgogne (Pl. Bir Hakeim)
<> Place Picart
C - Place d'Aquitaine (Pl. de la Victoire)
<> Rue de la Croix de Seguey
D - Place de Bourgogne (Pl. Bir Hakeim)
<> Rue de la Croix Blanche par Comédie
E - Place du Palais (Pl. de la Bourse)
<> Plaisance (BreJudaïque)
F - Place Richelieu (Pl. de la Bourse)
<> Mérignac par la Chartreuse
G - Place de la Comédie
<> Moulin d'Ars (Bre de Toulouse)
H - Place de la Comédie
<> Bégles
I - Place de la Comédie
<> Pont de Brienne (Quai de Brienne)
M - Lignes des omnibus du Chemin de fer de Paris
Gare d'Orléans (Bastide)
O - Lignes des omnibus du Chemin de fer du Midi
Gare du Midi (Saint Jean)

 

2/ Place aux tramways à chevaux.

Mais les résultats de cette concession ne donnant pas satisfaction (plusieurs problèmes entre le concessionnaire et la municipalité, incofort des véhicules, tarifs trop élevés...), amènent le conseil municipal et les élus à chercher un nouveau mode de transport public offrant une plus grande capacité et un confort accrut : c'est le tramway à traction hippomobile qui sera choisi lors du conseil municipal du 26 janvier 1874. Choix entériné par l'état en janvier 1876 (car celui-ci se réserve le droit exclusif de concéder à une ville un réseau de tramway depuis l'avis du 22 février 1872)!!!

C'est une compagnie Anglaise, la "Tramway & General Works Company Limited" qui est sélectionnée pour gérer le réseau et ce, pour une durée de 31 ans et 3 mois. Elle a 5 (cinq) ans à partir du 1 janvier 1880 afin de mettre en place un réseau de 8 (huit) lignes de tramway dont l'écartement de la voie sera de 1,44 mètre. Elle doit en même temps, reprendre et continuer l'exploitation des lignes d'omnibus existante. Elle devra enfin reverser à la ville une taxe annuelle de 250 Francs par omnibus ou voiture de tramway.
Le tarif sera de 15 centimes pour la seconde classe (places sur l'impériale) et de 20 centimes pour la première classe (places d'intérieur). Une correspondance gratuite est même autorisé avec une autre ligne de tramway.

La première ligne (ligne des Quais) a été inauguré le 4 mai 1880 et son ouverture à l'exploitation commencera 2 jours plus tard, soit le 6 mai. La huitième ligne est inaugurée, elle, le 01 mai 1882. En un peu de moins de trois ans, la compagnie a construit toutes les lignes prévues dans le cahier des charges.
Quelques modifications et prolongements de lignes sont apportés aprés les décret du 23 avril 1881 et du 25 mars 1887.

La concession sera rétrocédée à une autre compagnie Anglaise : "The Bordeaux Tramways & Omnibus Company Ltd" le 2 mai 1889 suite aux demandes de la première. Mais cette nouvelle société n'apportera rien à l'amélioration du réseau... bien au contraire, elle sera sans cesse en heurt avec la municipalité.

Plan 1882 du réseau urbain des Tramways hippomobiles.
Nomenclature des lignes urbaines.
1 - Boulevard Jean-Jacques Bosc
<> Rue Lucien Faure/Bassins à flot
2 - Place Magenta (Pl. de la République)
< > Desserte rive droite
3 - Quai de Paludate
<> Gare du Médoc (Gare St Louis)
4 - Place de Bourgogne (Pl. Bir Hakeim)
<> Boulevard du Tondu (bd A. Gautier)
5 - Place Richelieu (Pl. J. Jaurés)
<> Boulevard de Caudéran (Bd Pt. Wilson)
6 - Place Richelieu (Pl. J. Jaurés)
<> Boulevard de Caudéran (Bd Pt. Wilson)
7 - Place Richelieu (Pl. J. Jaurés)
<> Boulevard de Talence (Bd Roosevelt)
8 - Place d'Aquitaine (Pl. de la Victoire)
<> Boulevard de Bègles

 

3/ Quand électricité rime avec modernité : voici le tramway prodige, le tramway élecrique.

A) D'ABORD LA BANLIEUE...

Caractéristiques techniques de la ligne de tramway
Bordeaux <> Eysines <> Blanquefort <> Le Bouscat
(ouverture le 18 décembre 1883)
Ecartement de la voie : métrique
Voie unique avec 7 croisements le long du parcours
Centrale électrique établie Route du Médoc
Dynamos Thomson/Houston de 100CV
6 motrices équipées d'un moteur Thomson/Houston (40 pl.)
Une dizaine de remorques (50 places)
20 départs quotidiens dans chaque sens
Tarif: 6 centimes du kilomètre

Chose étonnante, mais la première ligne de tramway électrique ayant circulé dans la région Bordelaise est une ligne suburbaine! Créé à l'initiative des Maires des communes de Blanquefort, Eysines et du Bouscat réunis en société "La Compagnie du Tramway de Bordeaux-Le Bouscat-Le Vigean et Extensions". Le système déja utilisé à Marseille, traction électrique s'alimentant à une ligne aérienne avec l'aide d'une perche sera choisi.

La ligne est ouverte le 18 décembre 1893 sur un parcours allant de la Barrière du Médoc au vigean. Elle atteindra Eysines en juin 1895 et Blanquefort en 1898.
A noter que c'est la toute première fois en France que des communes de banlieue adoptent un système de transport technologiquement plus avancé que celui de la grande ville régionale.
L'engouement pour le tramway électrique est lancé!


En mai 1896 s'ouvre la ligne suburbaine Barrière de Pessac <> Pessac Bourg exploité par la "Compagnie des Tramways Electriques de Bordeaux-Pessac". Et en 1897 la création de la société "Compagnie du Tramway de Bordeaux à Léognan". Mais il faudrat attendre le mois d'avril de l'année 1902 pour que la ligne soit ouverte à l'exploitation.

B) ET PUIS VIEND ENFIN LE TOUR DE BORDEAUX!

C'est au tour de la commune de Bordeaux d'essayer de rattraper son retard technologique. Mais aussi et surtout d'améliorer le service offert aux voyageurs. Une commission est crée en août 1886, sous la présidence de M. Calixte Camelle, afin de faire évoluer et avancer les choses. Les propositions principales seront :

Aprés une longue période, plus de dix ans se sont écoulés, de concertation et d'ajustage du projet, commencent les négociations avec la société exploitant le réseau de tramways hippomobiles. La première réunion a lieu le 9 Novembre 1887 et va durer 5 (cinq) jours. Lors de cette rencontre, les dirigeants de "The Bordeaux Tramways & Omnibus Company Ltd" indiquent tout de suite un net refus en ce qui concerne deux des propositions : la modification de l'écartement des voies (qui obligerait l'interruption des services des tramways à chevaux) et les nouvelles conditions tarifaires proposées.
En effet, la commission préconise un tarif "aller-retour" bien plus avantageux que celui qui a cours. Chose que la compagnie exploitante ne peut accepter... Elle se montre intrasigeante sur ce point là, tout comme l'est la comission. On assiste alors à un véritable combat de clans. Et personne ne veut faire la moindre concession à ce sujet!
Voilà donc le tramway électrique de Bordeaux en route pour l'impasse!

La société Thomson Houston, qui doit s’occuper de l’électrification des lignes du réseau commence à s’inquiéter sérieusement en voyant le conflit s’éterniser entre les parlementaires et la compagnie exploitante. Elle se décide donc, le 12 Juillet 1898 de racheter cette dernière afin de pouvoir faire de nouvelles propositions à la ville. Celles-ci sont acceptées et un accord est enfin signé le 31 Août qui suit.
Il prévoie et confirme certains points, d’abord au niveau juridique : la substitution de la compagnie Anglaise pour une compagnie constituée d’après les lois Françaises ainsi qu’un prolongation de la durée de la concession qui ira jusqu’au 31 Décembre 1929, ensuite au niveau technique : mise en place de la traction électrique sur toutes les lignes de tramway existantes et création de nouvelles lignes et dessertes.

La T.E.O.B aura pour but et pour objet :
L'exploitation de la concession des transports en commun par tramways et omnibus de la ville de Bordeaux et de sa banlieue.
L'étude et la construction de toutes voies, de toutes usines nécesssaires à la production d'énergie et des installations destinées à l'utilisation de cette énergie.

La concession et l'exploitation de toutes lignes d'omnibus ou bien ferrées dans le département de la Gironde ainsi que ceux limitrophes.

C’est donc le 11 Octobre 1898 que se crée officiellement la T.E.O.B. (Compagnie Française des Tramways Electriques et Omnibus de Bordeaux) dont le siège social sera déplacé dès 1903 de la rue Tivoli à la fameuse rue du Commandant Marchand. Mais avant cela, les dernières formalités sont achevées le 10 Août 1901 avec la signature du traité de rétrocession et du cahier des charges.
Le cahier des charges, qui sera publié dans le « journal officiel » du 23 Août 1901 définit les bases qui vont être appliquées durant plus de 50 ans :

Mais que va t'il se passer pour Bordeaux et ses transports? La ville va t'elle enfin se doter d'un réseau efficace et moderne? Robert va t'il enfin avouer son amour pour Clothilde et celle-ci va t'elle tomber dans les bras du machiavélique Docteur Shpoutz??? Vous saurez tout cela lors du prochain épisode! Et oui, la suite de l'histoire ne sera disponible que lors de la prochaine mise à jour... patiente jusque là. Pour vous tenir informé, n'hésitez pas à vous inscrire à la lettre d'information (newsletter).

 

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